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• JULI SCULPTEUR •

sculpture | pate de verre | peinture

OEUVRES DE L'ARTISTE SERONT BIENTOT EN PERMANENCE à LA GALERIE.
L’art et la force de la sculptrice Juli réside d’abord dans sa manière audacieuse, subtile et originale d’oser assembler, associer des matières aussi raffinées que la pâte de verre, le bronze ou la pierre à la brutalité de matériaux naturels récupérés aussi surprenants et insolites que des racines, des écorces, des fossiles, et même des champignons – les fistulina hepatica, qui, une fois séchés, offrent à la fois résistance et légèreté!
D’emblée, au travers de ces choix plastiques, se devine l’intérêt de l’artiste non seulement pour ce que produit la nature mais aussi et surtout pour la manière dont celle-ci peut être utilisée, détournée, magnifiée...Ce souci d’une nature sublimée par l’art se poursuit jusque dans l’immatériel, lorsqu’au travers de ses bas-reliefs en pâte de verre, Juli « sculpte » par la lumière, insufflant la vie et le mouvement au cœur de la matière. Car la pâte de verre a cela d’exceptionnel de changer d’apparence, dans ses reflets, ses profondeurs, selon la manière dont la lumière la traverse, selon la saison ou l’heure du jour.
Depuis près de quinze ans, Juli travaille sans relâche à se perfectionner, à approcher et expérimenter de nouvelles techniques. Du vitrail à la création de bijoux, de la taille de pierre aux techniques du verre, de la soudure au bronze, elle a fréquenté de nombreux ateliers et appris auprès de nombreux maîtres et artistes, enrichissant ainsi son art et nourrissant peu à peu sa manière si particulière de traiter le monde des hommes dans son rapport intime et puissant à la nature. Les œuvres de Juli rendent l’humanité à ses origines, semblent rappeler la nécessité d’enraciner son devenir dans cette sorte d’atemporalité d’une nature originelle et, d’une certaine manière immémorielle, comme le sont les fossiles et les pierres dont la sculptrice se sert parfois.
On l’aura compris, l’œuvre de Juli porte une dimension anthropologique, une passion déclarée pour l’humain. Ainsi dégagera-t-on de son œuvre un certain nombre de thématiques récurrentes, parmi lesquelles celle du « visage », dont Juli pourrait dire, à l’instar de Lichtenberg*, qu’il s’agit là sans doute, de toutes les surfaces qu’elle expérimente, une des plus passionnantes.
Elle en travaille tout l’éventail : visage émergeant de la nature -à la fois sa force et ce qui la produit-, masque Nuo, entre yin et yang ou « expulsant les démons », « Persona » de la tragédie grecque, visage humain dans tous ses regards et toutes ses expressions - voyez « l’extase, la colère et la joie »- comme autant de faces, de facettes, d’un même humain, d’une même personnalité.
Il n’y a dans ces œuvres nul manichéisme mais un regard humaniste, ouvert sur l’humaine nature. Les sculptures de Juli parlent des ambiguïtés de l’homme, de ses dualités, de ses réalités multiples, au travers de ces double visages à la Janus, symboles d’ouverture, de flux du temps, de devenir, mais aussi de chaos des mondes, de confusion, au travers de ces masques à la puissance énigmatique, entre rire et effroi, au travers de ces multitudes de petites têtes qui les peuplent parfois ...
Elles content, aussi, ses espoirs, à l’image de ces « quatre mondes » figurant continents et cultures, ensemble, d’une certaine manière, deux visages émergents de deux autres pour dire l’espoir du rassemblement du monde – celui des hommes entre eux, celui des hommes et de la nature - et peut-être, enfin, l’émergence d’un nouveau monde.
Ecrit par Marie Deparis - Critique d’Art